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Publié par Anelore

Nous voilà fort dépourvus, la bise n'est plus bienvenue

Nous voilà fort dépourvus, la bise n'est plus bienvenue, déconfiné, on reprend le chemin du quotidien on croise à nouveau des gens, on revoit ses collègues, sa famille, ses amis et là ... "bonjour"....hésitations.....Plus de bises, ni de poignées de main... 

On réalise subitement, "ah oui, ça, c'était avant...."

Cela vous donne un petit coup de mou, ou vous pensez "pas grave, cela simplifie la vie", pourquoi ne pas réinventer de nouveaux usages pour se saluer en s'inspirant de différentes cultures.

Dans les pays asiatiques, l’art de la révérence est savamment cultivé, on se salue sans se toucher.

En Inde, le « Namasté », le « wai » thaïlandais
Namasté veut dire “je m’incline devant toi”. on salut en  s’inclinant légèrement en joignant les paumes des mains devant le visage, cela permet de saluer sans contact physique, car se toucher n’est pas quelque chose qui se fait en Inde. 

Au Japon, on s’incline (les mains croisées pour les femmes, les bras le long du corps pour les hommes), au moment de la rencontre et avant de partir. Le degré d’inclinaison du dos indique la position, élevée ou basse, de l’interlocuteur. Entre amis, un simple hochement de la tête suffit.

Au Tibet, il se peut qu'on vous tire la langue pour vous saluer en joignant les mains devant la poitrine. Rien d’irrévérencieux à cela, cette coutume est une façon de prouver que votre interlocuteur n'est pas la réincarnation d’un roi terrible qui avait une langue noire. Mais cette habitude, plus courante chez les moines, tend à disparaître.

Au Maghreb et des pays musulmans, on place la paume de sa main contre son cœur, en signe d’affection.

Si vous voulez être tendance et que l'envie vous en prend, vous pourrez vous initier au « footshake » (se taper les pieds les uns contre les autres), on peut se saluer en rythme !

Voici la vidéo pour vous entrainer, au cas où cela vous tente,
vous m'en direz des nouvelles !

Si on se saluait autrement ? voici le Foot Shake

Un peu d'histoire, la bise, le baiser, la poignée de main...

Extraits "Aux origines de la bise : une tradition en suspens"
France Culture le 07/03/2020 Par Maxime Tellier

Survol historique de l’Antiquité à nos jours

On l’appelle aujourd’hui la “bise” mais les Anciens parlaient plutôt de “baiser”, terme équivoque de nos jours, mais qui a le mérite de nous mettre les pieds dans le plat. La bise a ceci d’ambigüe qu’elle recouvre différentes réalités. Le même terme désigne deux choses bien différentes : geste de salutation sans équivoque ou faveur amoureuse.

Dans Le Baiser, premières leçons d’amour (Éditions Autrement, 1997), le philosophe Gérald Cahen cite les trois mots distincts qu’utilisaient les Romains :

  • osculum pour le baiser solennel,
  • saevium pour l’acte suave et délicieux
  • baesium, qui tient un peu des deux (et dont le nom a donné notre “baiser” moderne).

“Geste érotique ou affectueux chez les Hébreux, le baiser avait aussi sa place dans les salutations”, explique l’historien Yannick Carré dans le même ouvrage à propos de cette autre civilisation. “Il s’échangeait surtout entre membres d’une même famille, avant ou après une absence prolongée”.

“Chez les Perses, le baiser de salutation ne se pratiquait sur la bouche qu’entre personnes de rang égal”, poursuit l’auteur, qui cite Hérodote :

Lorsque deux Perses se croisent en chemin, voici par quoi l’on peut reconnaître qu’ils sont du même rang : au lieu de prononcer des formules de politesse, ils s’embrassent sur la bouche ; si l’un d’eux est d’un rang quelque peu inférieur, ils s’embrassent sur les joues ; si l’un d’eux est de naissance très inférieure, il se met à genoux et se prosterne devant l’autre.                
Hérodote, l’Enquête.

Quelques siècles plus tard, au Moyen-Âge, le baiser demeure utilisé dans les salutations, “mais il n’est pas obligatoire à chaque rencontre”, poursuit Yannick Carré.

“Un échange de paroles suffit”. Il s’accompagne parfois de gestes ou d’attitudes (incliner la tête ou tout le corps, ôter son chaperon), qui deviendront plus tard l’étiquette.

Le baiser se pratique lorsque des personnes unies par des liens d’affection ne se sont pas vues depuis longtemps, il existe aussi entre membres d’une même famille.

Une tradition qui a porté chance à l'équipe de France lors de la coupe du monde de football 1998 : le baiser de Laurent Blanc sur le crâne de Fabien Barthez avant chaque match. Ici le 28 juin à Lens.

Le baiser se pratique sur la bouche dans un cadre religieux : on l’appelle le baiser de paix.
Cet acte est aussi un moment important du contrat vassalique, institution parmi les plus importantes de la société féodale : il scelle un lien indissoluble entre un seigneur et son vassal. "Il rime avec foi, franchise, fidélité, tout comme le baiser de paix, encore plus sacré, que se délivrent à la même époque les chrétiens à la messe", écrit Gérald Cahen. Mais à l'époque, ce baiser ne se fait qu'entre hommes car il se fait entre égaux.

Yannick Carré cite un exemple : "Le moine Hariuf raconte à ce sujet une anecdote exemplaire où Gervin, abbé de Saint Riquier de 1045 à 1071, refuse de donner le baiser de paix à la reine d'Angleterre". Car le baiser de paix est un rite masculin et, malgré le rang élevé de la reine, elle demeure un être mineur car femme.

Cette composante rituelle et solennelle s’éteint avec la fin du Moyen-Âge : “A partir de la Renaissance, le baiser va perdre peu à peu sa fonction officielle et sacrée, il devient un geste de tendresse qui touche mais qui n’engage plus”.

Entre personnes de rangs différents, entre parents et amis, on s’embrasse désormais joue à joue, tandis que le baiser sur la bouche, réservé aux amants, prend lui une connotation beaucoup plus érotique.
Il ne couronne plus une relation, il l’amorce, il ouvre la fête amoureuse.                
Yannick Carré, Le baiser. Premières leçons d’amour, Autrement, 1997

 

L'article complet sur France Culture

 

À l'origine de la poignée de main

Selon les historiens, cette manière de saluer est devenue la norme pour se dire bonjour vers l’an 1000, avec les premiers codes de la chevalerie. Serrer une main droite était alors un signe de paix, puisque ladite main était utilisée par les hommes pour tenir une arme.

Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à voir la petite vidéo de France Culture ci-dessous.

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